13 février, 6h30 am : ma très chère montre du WAL-MARDE (qui n’a d’ailleurs pas encore rendu l’âme – ô miracle!) sonne. C’est l’heure de se lever, direction l’aéroport de Trivandrum. En vitesse, on « packte les p’tits », on s’habille, se brosse les dents et HOP, on saute dans un rickshaw pour se rendre à l’aéroport. Hélas, notre chauffeur ne sait pas compter (ou parler anglais, ou les deux) et nous amène au mauvais terminal - #2 plutôt que #1, donc international. Or, nous devons nous rendre au terminal domestique, puisque notre premier vol se rend à Mumbai, d’où nous prendrons ensuite un avion pour la Thaïlande. Pas le choix : on rembarque dans un autre rickshaw et, à 8h, on arrive finalement au terminal domestique. C’est le cas de le dire, ils nous auront fait suer jusqu’au bout ces chauffeurs de tuk-tuk!
En route pour la première de deux séries de check-in/sécurité/attente pour l’embarquement (qui s’étendra sur plus de 12h…) À 9h35, notre vol décolle : au revoir le Kerala!
On arrive à Mumbai après un court vol de 2h, durant lequel Alex a – le chanceux – réussi à dormir
comme un bébé grâce à une longue nuit d’insomnie la veille. Véro,elle, ne feel pas trop : mal au ventre, et au bas du dos. Le projet de profiter de notre escale de 12h pour aller visiter la méga-métropole indienne tombe donc à l’eau : et c’est parti pour un 12h d’attente dans la « waiting area » de l’aéroport de Mumbai! Très longue journée, mais finalement, au bout de 17 cigarettes, 2 cafés, une émission de télé-réalité sur des bûcherons, plusieurs prières de la part de nos confrères musulmans de la salle d’attente et trois conversations skype, on peut enfin franchir les douanes.
Rendus dans la zone internationale : surprise! Tous les bureaux
de change sont fermés, donc impossible de changer ce qui nous reste de roupies en dollars. Deuxième surprise : la moitié des magasins (dont le Duty Free) n’accepte pas ces dites roupies. Conclusion : vos deux voyageurs se retrouvent avec moins de 120 minutes pour dépenser 2200 roupies, c’est-à-dire un gros 44$. La mission n’aurait pas été très difficile au Canada, mais compte tenu du coût de la vie ici (et de l’incapacité chronique de Véro à dépenser pour des choses inutiles), il s’agissait là d’un vrai défi. Première étape : se gaver jusqu’à temps d’éclater, chose que nous faisons en engloutissant 2 énormes plats de nouilles et des bâtonnets de poulet de chez PFK (pas ma faute, on n’avait PAS LE CHOIX). Après le repas, on refait le décompte : encore 32$ dans le portefeuille, et moins de 45 minutes pour les dépenser. Alex, en sa qualité de fumeur, n’a pas à réfléchir bien longtemps : il va flôber sa partie du magot en paquets de cigarettes. En ce qui me concerne, je suis littéralement figée : je ne sais pas du tout quoi acheter! Pas facile, la vie, hein? Je tourne en rond dans les magasins de la zone internationale, jusqu’à ce qu’Alex me dise : « Je vais en griller une, on se rejoint à la gate pour l’embarquement ». Il part, en amenant avec lui la montre. De mon côté, mon indécision pathologique me fait perdre la notion du temps… je marche, je ne me décide pas, et au bout de ce qui me semble être à peine un petit 2 minutes, j’achète finalement un livre et des chocolats. Après avoir payé, j’accélère le pas : Alex doit se demander où je suis. Dans le corridor, je vois qu’une mention rouge apparaît juste à côté de notre vol. Cependant, je ne peux savoir ce qu’elle signifie : le tout est écrit en Hindi. À peine quinze secondes plus tard, en arrivant au haut des escaliers menant à la gate #4, j’aperçois Alex. Son regard veut tout dire : lui pourtant si calme d’habitude, il est en FURIE (et aussi en panique). « Qu’est-ce que tu foutais, ils sont rendus à la troisième annonce pour notre vol, l’avion part LÀ! ». À mon tour d’être paniquée, et de me trouver assez nounoune merci : à force de ne pas vouloir dépenser un GROS 20$ en conneries, j’ai failli nous faire manquer un vol de 260$!
Mais, heureusement, tout est bien qui finit bien. On entre dans la navette qui nous amène à l’avion, on s’assoit et ouf, on peut finalement décompresser. Je m’excuse à mon pauvre chum qui se remet tranquillement de ses émotions, et lui promets de faire mon mea culpa public lors de la rédaction du post de la journée. Bien que gênante à raconter, cette petite mésaventure de la journée est sans aucun doute un moment de notre voyage que nous ne sommes pas prêts d’oublier!