Hier soir, avant de nous coucher, nous avons réalisé tout d’un coup que nous partions aujourd’hui pour les îles Togians pour 10 jours, et que nous avions seulement 130$ chacun dans les poches. Or, il n’y a ni ATM, ni banque, ni moneychangers sur les Togians. « Vous ne le saviez pas? » me demanderez-vous. Hé bien oui, justement, nous le savions et c’est justement pour cette raison que nous avions fait escale à Poso avant de venir à Ampana, la seule ville où nous étions certains de pouvoir retirer de l’argent. « Pourquoi n’en aviez-vous pas assez, alors? » me RE-demanderez-vous. RE-Hé bien, parce que le maximum du retrait autorisé était de 1 250 000 roupies, c’est-à-dire un peu moins de 140$... Nous pourrions dire que nous n’étions pas encore familiarisés avec le taux de change, et avions mal calculé la somme dont nous avions besoin… mais la vérité est simplement que nous n’avons pas réfléchi. Nous avons été nonos, point final.
Donc, alors que le simple fait de ré-insérer notre carte dans l’ATM à Poso hier nous aurait permis d’avoir assez d’argent pour notre escapade de 10 jours aux Togians, nous devons ce matin nous livrer à une véritable course contre la montre. Nous sommes à dix minutes de voiture du « centre-ville » d’Ampana (mais n’avons pas de voiture), ignorons où se trouve l’ATM dans ce fameux centre-ville, devons passer dans un café internet (qui sera peut-être fermé) pour faire un virement sur nos cartes de crédit…il est 7h du matin et notre bateau pour les Togians part à 10h.
Au pas de course, nous commençons à marcher en direction du centre-ville. Après quelques minutes, nous arrêtons deux ojek, des motos-taxis. À force de mimes et de baragouinements, nous réussissons à leur faire comprendre que nous voulons aller à l’ATM. Une demi-heure et trois guichets plus loin, c’est la panique : aucun n’accepte nos cartes, et la seule banque du village est fermée car aujourd’hui est un jour férié. Il est déjà presque 9h.
Pas le choix, nous nous rendons à l’hôtel Oasis où Eddy, le gérant, accepte de nous faire payer à l’avance 3 nuits que nous passerons à Kadidiri, avec notre carte visa. Toute une chance que cet hôtel soit affilié avec un des hôtels des Togians… Après un rapide calcul, on se dit qu’avec ces nuits payées (qui incluent aussi tous les repas) et les 170$US que j’ai toujours dans mon portefeuille, nous devrions avoir assez d’argent sur nous pour « survivre » les autres jours, en nous serrant la ceinture. Merci Gaétan pour ce cadeau qui tombe à point!
9h30, vite, nous arrêtons un énième ojek, retournons à notre hôtel, fourrons à la hâte vêtements, pâte à dent et portefeuilles dans nos sacs et allons nous poster devant l’hôtel, où Eddy a dit qu’il viendrait nous chercher pour nous amener au port (toute une chance que nous l’avions rencontré, celui-là…). À 10h10, Eddy n’est toujours pas arrivé : nous a-t-il oubliés? Hé non, une voiture arrive finalement… Heureusement que le capitaine du bateau est un ami d’Eddy, qui l’attend donc avant de mettre les voiles!
À 10h33, on met le pied au bord de la mer, où un petit bateau nous attend (et c’est le cas de le dire!) pour la grande traversée vers Bomba. Trois heures que nous passerons entassés sur un plancher de bois en dessous duquel rugissent de vieux moteurs. Qu’à cela ne tienne, nous partons finalement pour les Togians!