Bon, hé voilà… On a succombé. On est toujours à Pokhara, et on y restera jusqu’au 26. Un Noël népalais donc, qui compensera largement le retard que nous prendrons sur notre itinéraire : ici, on est certain de pouvoir célébrer « pour de vrai », avec des amis touristes ou népalais. Pour le bébé Noël qui se trouve en moi, ce sont des arguments qui pèsent assez lourds dans la balance!
D’un autre côté, « l’organisatrice » s’en veut un peu de passer autant de temps dans une si petite ville : en restant à Pokhara pour Noël, nous prenons un bon deux semaines de retard sur notre « itinéraire ». Retard non négligeable, puisque nous avons quelques trois milliers de kilomètres à parcourir jusqu’à la pointe de l’Inde et ce, avant le 15 février idéalement. On devra donc couper un peu : passage de la frontière directement, sans détour par Lumbini, 4 jours à Varanasi plutôt que 10, et probablement qu’un après-midi à Mumbai, le temps d’effectuer un transfert de train. Ça fait un peu mal de couper comme ça, mais c’était tellement la galère avec les trains indiens pendant la période des fêtes qu’au final, c’était une sage décision que de remettre à plus tard notre départ pour l’Inde! On évite du trouble, on sauve de l’argent et on gagne en bonus un Noël super dans une ville qu’on adore.
Ajoutons à cela une petite anecdote cocasse : ce matin, en nous réveillant, à l’heure où nous aurions dû nous trouver à bord d’un bus en direction de Lumbini, nous avons appris que le pays entier était en grève générale après l’assassinat d’un politicien d’ici. Tout est fermé : les magasins, les restaurants et surtout… tous les moyens de transport du Népal! « Ô, destin, destin! »… n’est-ce pas, ma chère mère?
Si mélodieux, ce cher accent québécois...
Cet après-midi, au Bamboo, on entend, à une table pas très loin de la nôtre : « OSTI QU’EST SU’A COCHE ELLE MON GARS ». On se retourne, tout surpris : pas de doute, ceux-là, ils viennent de chez nous! Ce sont les premiers québécois que l’on croise depuis plus d’un mois, alors on s’approche, se présente et quelques minutes plus tard, on se retrouve à boire une bière tous ensemble. Quel plaisir de parler la langue de chez nous, sans devoir modifier notre accent pour se faire comprendre (car, vous savez, ces Français…). André a 40 ans, Nicolas 34. Ce sont des cousins et amis qui ont laissé leur job et vendu leurs maisons sur un coup de tête il y a 3 semaines, et se sont acheté un aller simple pour l’Asie. Ils ne savent pas trop où ils vont, mais comptent bien faire durer leur voyage une bonne année. Nicolas est très drôle, il se proclame « poule de luxe », s’ennuie de son cappuccino quotidien et de son spa, n’aime pas la nourriture épicée et dédaigne les toilettes turques. Il dit qu’il mourra sûrement en moins de 2 jours lorsqu’il mettra les pieds en Inde. André, un backpacker aguerri, a fait le tour du monde plusieurs fois et joue les guides auprès de son cousin. Drôle de duo, ces deux hommes sont vraiment sympathiques, et on a passé une très belle soirée en leur compagnie. Demain, ils partent pour quelques jours de trekking et seront de retour à Pokhara le 24 : il n’en fallait pas plus pour que nous célébrions Noël avec des compagnons québécois!