Après 4 jours à Bomba, nous nous sommes dit qu’il était temps de continuer notre découverte des Togians. Avec Mylène et David, deux québécois avec lesquels nous voyageons depuis une semaine, nous avons loué un bateau et les services d’un chauffeur pour nous rendre à Kadidiri. Nous avions le choix entre un petit bateau à 40$, ou un plus gros à 70$. À 4, on nous a dit, pas de problème avec le petit. Le petit ce sera alors (surtout que déjà lui, il n’est pas donné…)!
Mais quel bateau! En fait, le simple terme « bateau » s’applique difficilement à l’embarcation qui accoste au Island Retreat à 9h ce matin, sous nos yeux effarés. À ce moment, ce sont plutôt les mots « rafiot » ou, à la limite, « canot » qui nous viennent à l’esprit… Déjà, nous calculons le total du poids que nous nous apprêtons à lui faire supporter (4 personnes à, disons, une moyenne de 140 livres chacune, plus au moins 100 livres de sacs à dos…) et élaborons une stratégie en cas de naufrage. Et dire que nous en aurons pour 3h à être entassés à bord de ce navire de fortune…!
Heureusement, la mer assez calme nous permet d’arriver à Wakai vivants (et sans avoir nourri les poissons!). Malheureusement, cette halte est inutile : la banque (en réalité une petite maison en briques n’ayant que son enseigne pour laisser deviner sa fonction…) affiche « Tutup », c’est-à-dire « fermé ». Retour donc à bord de notre minuscule embarcation : plus que 30 minutes pour atteindre notre destination finale!
Hélas, pendant notre petite marche dans Wakai, le vent s’est levé et le ciel s’est assombri. Notre chauffeur nous faire comprendre que les vagues sont trop grosses pour son bateau. Nous doutant qu’il ne s’agit que d’une excuse pour raccourcir sa promenade en mer en nous shippant à un autre bateau, nous nous permettons d’insister. Le chauffeur met donc finalement le cap sur Kadidiri, de l’autre côté de la baie. Les vagues roulent, font tanguer notre embarcation. David se fait attitrer le rôle de « videur de fond de bateau » : les compartiments à l’avant et au milieu du bateau se remplissent dangereusement d’eau, et il faut les vider à la chaudière. En trottant, une certaine mélodie se met à jouer dans ma tête, et je fredonne : « You're here, there's nothing I feeeeeeeear, And I know that my heart will go onnnnnn! » (vilain hasard, la chaîne où était accroché mon “Coeur de l’océan” bien à moi vient se casser, et j’ai bien failli perdre ce dernier pour de bon – mais, tout un soulagement, il se tenait bien gentillement sous ma cuisse en attendant que je le récupère…ouf!!!).
Au bout d’une quarantaine de minutes, nous arrivons enfin à Kadidi, n’ayant heureusement pas eu à mettre à exécution notre plan de sauvetage. Nous sommes même restés relativement au sec. Pour les sacs, hé bien, c’est une autre histoire…