Il fallait bien un voyage de presque 10 mois en Asie pour que je me mette à la lecture « spirituelle ». Véro qui lit un récit du Dalaï Lama, je ne sais pas pour vous, mais moi je trouve ça plutôt... surprenant. Ou carrément drôle? Mais, étonnamment, après à peine 40 pages de lecture, je sens déjà que ce livre (qui est pourtant bâti autour de propos qui vont de soi, à la base) sera très inspirant en qui concerne les situations que nous vivrons ici. Pour « Sa Sainteté » le Dalaï Lama, le bonheur n’est qu’une question de perception, d’interprétation. Il s’agit d’avoir un état mental positif, afin d’être en mesure de percevoir le bon côté des choses, et de ne pas se laisser influencer par le mauvais. Dans « L’art du bonheur », le Dalaï Lama accorde aussi une grande importance à la compassion et aux relations humaines positives : « Si la compassion, la gentillesse et l’affection vous animent, du même coup cela vous donne la clé de votre serrure intérieure et vous communiquez bien plus facilement avec les autres. La chaleur humaine permet l’ouverture. Vous découvrez que tous les êtres humains sont comme vous, tout simplement, et il vous est bien plus facile d’instaurer une relation ». Voilà une chose qui peut paraître évidente, voire banale, mais qui ici, prend tout son sens.
Bref, tout ça pour dire qu’Alex et moi, on a une nouvelle attitude maintenant… Il y a trois ans, lors de notre premier passage en Inde, on s’était un peu forgé une carapace : lorsque l’on marchait dans les rues, on avait une attitude distante, on ignorait les gens qui nous abordaient, car on trouvait lassant le harcèlement continuel que l’on vivait, et qu’il s’agissait selon nous de la manière la plus facile de l’éviter. Mais depuis notre arrivée, hier, on essaye de sourire davantage, de répondre aux gens qui nous abordent. Bien sûr, cela ouvre la porte aux « Come to my shop » ou aux « I have a travel agency, you need a train ticket? » ou encore aux « Come in my rickshaw, I’ll bring you ». Mais en fait, on découvre qu’il est toujours possible de ne pas céder à la pression et au harcèlement, et de simplement discuter avec les gens. Et les petites jasettes, les discussions éclaires avec un étranger au coin d’une rue, valent beaucoup plus que ce qu’on aurait pu le croire.
Garcia, notre ami brésilien, nous a aussi beaucoup inspiré. Son calme et sa sérénité à notre arrivée à Delhi, lui qui arrivait en Inde pour la première fois, nous a beaucoup impressionnés, Alex et moi. Plutôt que de devenir stressé et agressif devant l’insistance des marchands et des chauffeurs rickshaws, il souriait à tout le monde, riait et leur répondait « Later… ». Le résultat était peut-être moins immédiat que mes secs « NO! », mais au bout du compte, cela n’est pas si important. On se rend maintenant compte que « l’état mental positif », ça commence aussi, et surtout, par un sourire à une personne qui, il n’y a pas si longtemps, ne nous apportait rien de plus que stress et agressivité. La voilà peut-être, la recette du bonheur.
PS2 : Clin d’œil à DANIEL (de la part d’Alex), ou à tous les autres qui commencent à craindre que l’on revienne en tunique blanche : voilà le genre de petites choses qu’on peut retirer des récits du Dalaï Lama, sans croire que l’on a atteint l’illumination ou qu’on a trouvé la vérité absolue… Il s’agit seulement d’une ptite réflexion!.