Hé que ça me faisait peur de passer Noël loin de ma famille! Comme vous le savez tous, il s’agit pour moi d’une fête TRÈS importante, et même si je me considère extrêmement chanceuse d’être en voyage pour si longtemps, il s’agissait d’une de mes appréhensions principales : Noël loin des miens. Ça peut paraître étrange, mais croyez-moi, ça me faisait plus peur que tout ce qui pouvait m’attendre ici!
Alors vous n’imaginez pas la pression que mon pauvre Grinch avait sur ses épaules. Depuis des mois, bien avant notre départ, je lui disais qu’il aurait la lourde tâche de rendre mon Noël népalais « spécial », afin que cette journée ne passe pas inaperçue même si nous la vivions loin de chez nous. D’où le superbe « sapin » que nous avons décoré pour notre chambre, quelques jours avant le jour J.
Et ensuite? Hé bien je pourrais dire sans exagérer que mon Noël à Pokhara a été un des plus beaux Noël de ma vie. Mon dorénavant EX-Grinch a travaillé fort, et a relevé le défi haut la main. Après m’être fait demander de quitter la chambre pour quelques heures, l’après-midi du 24, je suis revenue à l’hôtel, les yeux bandés.
1,2,3, ouvre les yeux!
Sous mes yeux se trouvait tout ce qui pour moi
fait de Noël un moment si beau, si agréable : il avait volé une table sur la terrasse de l’hôtel, l’avait installée au milieu de notre chambre, et l’avait joliment recouverte d’une nappe rouge et verte (il s’agissait en fait d’une jupe, qu’il avait fait modifier par un tailleur). Ajoutons à cela un éclairage aux chandelles, de vraies assiettes, coupes et ustensiles (merci à Tilek, le proprio du Bamboo), une bouteille de vin (la première depuis 2 mois!), un sapin illuminé sous lequel se trouvait un énorme bas de Noël (fait sur mesure par un tailleur du coin, qui n’avait jamais vu de bas de Noël de sa vie) et, trônant au milieu de la table, l’ordinateur d’où, via skype, je pouvais discuter, souper et trinquer avec ma famille à l’autre bout du monde. Ceux qui connaissent les Noël de chez moi auront compris qu’Alex s’était afféré à « reproduire » nos traditions, avec le bas et les cadeaux V1, V2, la liste, la musique, les chocolats, et j’en passe!
Moi qui est reconnue pour avoir les « larmes difficiles », j’ai éclaté en sanglots! Des larmes de joie, et d’émotions… J’étais tellement émue, et heureuse, et comblée, et tout ce que vous voulez. Ce Noël qui me faisait si peur, et que j’anticipais tellement, restera finalement dans les moments les plus marquants et les plus importants de notre voyage et, tant qu’à être quétaine, de ma vie.
Quoi de mieux pour terminer cette soirée déjà PARFAITE qu’une petite « veillée » au Bamboo, avec nos amis Tilek, Ramro et Sangkar? Autant dire qu’ils ont bien « apprécié » les petits échantillons de fort que maman Jacqueline avait déposés dans son cadeau de Noel en provenance du Canada…