C’est toute une journée que nous avons choisie pour nous booker une expédition snorkeling! Nous avons été assez naïfs pour croire que le petit orage qui grondait à midi laisserait place à un joli soleil pour 14h, heure à laquelle le départ était prévu... Hé bien non, les méchants nuages ont été de la partie tout l’après-midi, idem pour les (tout aussi, voire plus) méchantes vagues.
Bah, de toute façon, il faut bien se mouiller pour observer les poissons, vous me direz. Le problème, ce n’est pas la pluie, mais les vagues, qui me permettent rapidement d’arriver à la conclusion suivante : je n’ai pas seulement le mal des transports. J’ai aussi le mal de MER. Et pour vrai DE VRAI! À un point tel où, arrivés à notre premier « spot » de snorkeling (il y en a trois au programme), une légère mais très perceptible teinte de vert réussit à traverser mon bronzage. Même une fois descendue du bateau, dans l’eau, les vagues me donnent la nausée… À peine le temps de voir quelques poissons et quelques coraux (et le temps, malgré tout, d’apprécier tant de beauté), et il me faut retourner à bord de l’embarcation diabolique : vous me voyez, vomir avec un tuba dans la bouche? Je remonte donc à bord, et réussis de justesse à garder le pad thai que j’ai ingurgité pour dîner dans mon estomac, le temps que le groupe termine son exploration sous marine. « Hé boy, la journée va être longue! ».
Une fois la première plongée terminée, il faut ré-affronter les vagues qui, me semble-t-il, sont de plus en plus fortes. Je me sens comme dans un manège à La Ronde, à me faire brasser tout bord, tout côté. J’ai beau fixer l’horizon, rien à faire : j’en ai de la difficulté à respirer tellement j’ai mal au cœur. Enfin, on arrive au deuxième lieu de plongée. Coupe le moteur : malheureusement, pas possible de faire de même avec les vagues. On a beau pas avancer, le bateau, lui, continue de tanguer. Alex profite au mieux de cette plongée qui, semble-t-il, est le meilleur « spot » de la journée : des centaines de poissons de toutes les couleurs imaginables, qui se précipitent pour manger les bananes qu’il leur lance. Aussi, rencontre avec d’énormes méduses (bah, là, je ne suis pas trop triste d’être restée sur le bateau).
C’est à ce moment, pendant que tout le monde s’émerveille des beautés marines qui défilent sous leurs yeux, que je fais une intéressante découverte (cœurs sensibles, passez au prochain paragraphe) : les poissons n’aiment pas seulement les bananes. Ils gobent même le vomi… et ils l’apprécient au point de sauter au visage d’une pauvre touriste penchée sur le rebord de son bateau, se vidant l’estomac en continuant de se faire barouetter par les vagues (je sais que vous ne me demandiez pas autant de détails, mais s’il y a bien un événement qui m’a permis de rire durant cette journée de malheur, c’était bien celui-ci… alors pas question de ne pas le mentionner!). Peu ragoûtant, mais ô combien parfait pour dédramatiser la situation…
Une fois l’épisode « découverte des goûts culinaires des poissons » passé, on repart le moteur : à nous la troisième plongée (qu’on en finisse!). Heureusement, une fois l’estomac vide, le trajet à bateau semble moins pénible. De plus, la mer s’est calmée, ce qui me permet donc d’enfiler palmes, masque et tuba et d’aller rejoindre mon homme au milieu des coraux pour la dernière exploration de la journée. Enfin, je peux profiter un peu de ma journée, et pendant une bonne vingtaine de minutes, Alex et moi nous promenons au milieu de centaines de poissons et d’énormes récifs de coraux, dans une eau turquoise et claire comme jamais. De toute beauté!
Il est déjà 17h30 : nous rembarquons dans le bateau, direction l’île Poda où notre souper nous attend, inclus dans le petit forfait que nous avions choisi. Hélas, les nuages sont toujours présent, et bousillent bien comme il faut le coucher de soleil auquel nous étions sensés assister. Qu’à cela ne tienne, j’ai maintenant les pieds sur la terre ferme, et je ne demande rien de plus! Nous mangeons notre curry vert avec les autres touristes (lire : Alex mange son curry, et le mien), et assistons tranquillement à la tombée du soir. Des chauves-souris volent au-dessus de nos têtes mais heureusement, elles sont loin là-haut (vous rappelez vous d’une certaine grotte népalaise?).
Vers 19h, retour sur le bateau. Avant le retour à la maison, un dernier arrêt s’impose : nous allons nager sous la pleine lune, pour observer des algues phosphorescentes, qui s’illuminent lorsque l’on bouge sous l’eau. Une découverte qui, à défaut d’être aussi ragoûtante que la première de la journée, a été bien intéressante…
Finalement, à 20h30, nous mettons les pieds sur la plage de Ton Sai. Nous sommes vidés (pas pour les mêmes raisons), et tombons endormis rapidement, au son des criquets et autres bestioles qui gigotent tout autour de notre petite maison.