Vous savez, en tant qu’hyperactive chronique, il m’a été difficile d’accepter qu’il était impossible, pendant plus de 9 mois, de se livrer à une activité particulière à tous les jours… Et pourtant, depuis notre arrivée à Pokhara, il y a maintenant plus de deux semaines, plusieurs journées ont été consacrées à cela justement : à rien. Et, voilà, je me rends tranquillement compte que c’est correct, de ne rien faire. Que c’est sain. Que ça fait du bien. Une petite journée à lire au bord du lac, ou une sieste en après-midi, sont des choses qui, lorsqu’on apprend à les apprécier, peuvent être très bénéfiques. Et ce n’est pas que de perdre du temps, ou de gaspiller des journées de voyage. Non, c’est simplement d’apprécier les petites choses de la vie. Lentement mais sûrement, les journées passées au soleil, à lire et écrire, à penser à tout et à rien, deviennent des journées aussi agréables que les autres. Elles m’apprennent quelque chose que j’ai toujours eu du mal à faire : ne rien faire. Thérapie par l’inaction, spécial Véro. Et j’ai beau m’être laissée tenter par cette idée d’une retraite dans un monastère bouddhiste (idée qui germe toujours dans ma petite tête d’ailleurs), je me rends bien compte que cela n’est pas nécessaire pour faire le vide, ou faire le plein, ou les deux. Une journée à ne rien faire, et à en profiter, et à apprécier cette apparente inaction, peut être tout aussi bénéfique… Voire peut-être plus, car pour moi, lâcher prise et accepter de prendre du temps pour « perdre mon temps », c’est quelque chose d’assez nouveau…
Voilà donc pourquoi les photos et les posts se font un peu plus rares depuis quelques temps! Apparemment, on accorde moins d’importance à raconter nos journées « tranquilles » que nos journées de visites et de marche dans la ville… Et pourtant! Je réalise qu’il y a autant de bon et de bien dans ces petites choses que dans tous les temples, les lacs et les montagnes que nous avons visités. Alors, en rafale, un petit peu de ces petites choses qui font parties intégrantes de notre quotidien, et auxquelles on oublie souvent d’accorder de l’importance : un bon thé chaud à l’Umbrella, les « Namaste » et autres petits bouts de conversations en Népali lancés par les propriétaires d’un petit magasin où l’on va tous les jours, les rayons de soleil qui percent les nuages, qui nous réchauffent et illuminent le lac, le petit Philippe, le garçon des propriétaires de notre hôtel, qui éclate de rire à chaque fois qu’il nous voit, le hit de l’heure, une chanson en Népali, qui joue 25 fois par jour à la radio, les pieds et les mains que l’on doit faire pour trouver des billets de train pour notre retour en Inde, la vache qui nous réveille inlassablement, à 7h chaque matin, avec son MEUUUUU qui vient du fond des entrailles, des petites siestes ici et là, à n’importe quelle heure de la journée, un bon jus d’orange fraîchement pressé, ou un lassi aux bananes, le staff de l’Umbrella, qui nous accueille à tous les jours (voire 2 ou même 3 fois par jour…) avec de grands sourires et des « Tapailai kasto chaa » (et qui, je le crois, trouve que notre Népali n’avance pas très vite…), le spectacle de la ville qui se réveille lentement, au petit matin, du haut de notre balcon, bien emmitouflés dans une couverture, la mélodie des Om Mane Padme Om qui s’échappe invariablement de tous les magasins de CD, le bonheur de constater que l’eau est chaude, et qu’on pourra étirer la douche de quelques minutes, le temps passé à siroter une Nepal Ice sur le bord du lac, la vue des pilotes de parapentes qui font des sauts périlleux, à quelques mille mètres d’altitude, l’achat d’une bouteille de shampoing DOVE Intense-Repair, les discussions avec des voyageurs de partout dans le monde, le bonheur de lire des emails du Québec, l’éclairage à la chandelle lors des plus en plus fréquentes coupures de courant, les pommes et les oranges qui, chaque jour, deviennent de plus en plus sucrées à l’approche de la « bonne » saison, la chaleur des bas de laine lors des soirées froides, le plaisir d’envoyer une carte postale, un oeuf "pas pèté" pour déjeuner, l’absence absolue de responsabilités, le bon goût des crêpes bananes-nutella, le fait de ne pas se maquiller, de ne pas se coiffer, ou de se laisser pousser la barbe, une partie de « Un éléphant qui se balançait sur une toile, toile, toile, toile d’araignée » (version népalaise) avec des petites filles sur le bord de la rue, l’espoir d’un jour trouver un jeu de cartes que même Véro pourra comprendre (d’ailleurs, si vous avez des suggestions…), le bronzage laissant l’empreinte de nos sandales sur nos pieds…
Ça en fait, de jolies petites choses à apprécier, n’est-ce pas?