Mandalay a la réputation d’être une grande ville, dans tout ce que cela implique : pollution, poussière, bruit, foules grouillantes d’êtres humains… Et pourtant, il ne nous aura fallu que quelques heures à déambuler dans les rues pour faire cette constatation : le pays des sourires, c’est ici! Partout, des gens nous regardent avec un regard amusé, bien loin du regard insistant et intimidant des indiens, ou celui rempli d’espoir marchand des thaïlandais. Le sourire birman, lui, en est un de gentillesse toute gratuite, de curiosité amusée, de désir de communication et surtout, de reconnaissance à l’égard d’un étranger qui a de l’intérêt pour son pays. Alors que nous pourrions nous attendre, compte tenu de la situation politique du pays, à ce que la population du Myanmar soit fermée, voire en colère, face aux touristes, hé bien la vérité est bien différente. Ici, les gens sont plus qu'heureux de voir des touristes : enfin, ils ne sont plus seuls, ils ont vaincu un petit peu l’isolement dans lequel ils étaient confinés depuis des générations. Ils sont aussi extrêmement fiers de voir que certaines personnes ont de l’intérêt pour leur culture, leur langue, leur religion, leur histoire... Il suffit que nous leur disions « bonjour » ou « merci » dans leur langue, et voilà, ils sont aux anges.
Aujourd’hui, pour notre deuxième journée en sol birman, nous avons donc fait le plein de sourires, le plein de bonheur. Dans le bus, des gens assis en face de nous qui sourient à pleine bouche dès que nous tournons le regard vers eux. Au temple, un moine qui nous fait un petit signe de la tête. Dans la rue, des parents qui encouragent leurs enfants à nous faire de petits signes de la main. Les plus téméraires vont même jusqu’à essayer les rudiments d’anglais appris à l’école : « Hèloooo, awârrryou ». D’autres, avec un sourire resplendissant, lancent des MINGALABA tout joyeux à notre passage.
Voyager c’est ça. Ce n’est pas visiter des temples ou des musées, ou encore accumuler les noms de villes comme des trophées. Voyager, c’est sourire à un parfait inconnu, et ressentir dans ce petit geste tout simple toute la joie, la curiosité, l’intérêt et la reconnaissance du monde.