5e journée en Birmanie aujourd’hui, et encore une fois, nous avons remercié le ciel de nous avoir fait ajouter ce pays à notre itinéraire. Après deux nuits à Hsipaw, nous sommes maintenant à Namshan, d’où nous débuterons demain un trek de trois jours pour retourner à Hsipaw.
Que dire de cette journée, si ce n’est que jamais je n’aurais cru possible qu’une journée de voyagement puisse être aussi riche en sourires et en bonheur? Et pourtant, cette journée aurait pu être particulièrement longue et pénible, compte tenu du véhicule qui nous a menés de Hsipaw à Namshan (ou plutôt devrais-je dire « apportés », puisque nous avons été barouettés comme de véritables marchandises toute la journée)… Alors que nous nous attendions à un bus, c’est énorme camion à en faire rougir d’envie tous les Tonka de ce monde, remplis à ras bord de poches de riz, de maïs de chili, de plaques de tôle et d’à peu près n’importe quel item désiré par un villageois en montagne, qui est venu nous chercher à notre guesthouse ce matin. À travers tout ce bardas, nous pouvions tout de même deviner 4 bancs PRESQUE dégagés, que nous avons dû partager avec une bonne douzaine d’autres passagers. Jusque là, il nous a été possible de survivre en nous « creusant » des trous à l’arrière du camion, entre deux poches de riz, et de s’y caller bien confortablement. C’était sans compter les nouvelles cargaisons recueillies à chacun de nos arrêts (et il y en a eu plusieurs!), et qui ont anéanti tout espoir de confort pour les 5h à venir… Jusqu’à ce qu’Alex ait la brillante idée d’aller voir sur le toit s’il n’y avait pas moyen de… faire comme les Népalais! Idée qui a aussitôt été concrétisée (pour les gars, car la « Queen », elle, n’avait pas le droit de grimper… interdiction qu’elle a respectée jusqu’à l’arrêt suivant!).
Cette petite désobéissance en a bien valu le coup : quel après-midi! Cinq heures sur le toit d’un vieux camion bringuebalant, couchés sur des poches de maïs, à admirer les paysages et à saluer les enfants lorsque nous passions dans les villages (et aussi, à tenter de ne pas mourir de peur dans les courbes à flanc de falaise et à éviter de se fracasser la tête sur les branches d’arbres et fils électriques sous lesquels nous passions…). Un concentré de liberté à l’état pur, voici ce que nous avons vécu aujourd’hui!